Pour toute personne qui souffre de son comportement alimentaire et de ses conséquences.

Vous vous reconnaissez dans une des situations suivantes :

La boulimie est une envie irrésistible de manger sans aucune sensation de faim ou de plaisir. Les quantités de nourriture sont importantes, souvent ingérées sans mastication et concernent des aliments de tous ordres (beurre, huile, farine, sucre…). On parle de « crise » de boulimie, la perte de contrôle est totale, la personne boulimique ne peut s’arrêter de manger. Certains la considèrent comme une dépendance, comparable à l’alcoolisme ou la toxicomanie. La boulimie peut aussi alterner avec des périodes de restrictions alimentaires.

Les boulimiques ont souvent un poids normal car ils ont recours aux vomissements ou à l’exercice physique. Ils sont ainsi à distinguer des hyperphagiques qui n’ont pas recours à ces comportements compensatoires et deviennent obèses.

A la différence de la personne anorexique mentale, la personne boulimique est consciente de son comportement, de son état. Elle n’est pas dans le déni même si les signes physiques sont peu visibles de l’entourage. En revanche, la culpabilité la pousse au secret.
Qui est touché ?
Comme l’anorexie mentale, la boulimie touche surtout les filles et particulièrement à l’adolescence.

Les origines
On observe souvent un terrain familial difficile. Les parents sont souvent « absents » ou en conflits. En cela, l’environnement familial de la boulimie se différencie de celui de l’anorexie mentale.

Les manifestations
Les crises de boulimie
L’envie de manger est irrépressible : la perte de contrôle face à la crise est totale.
Le choix alimentaire : sucre et calories. Souvent, les aliments sont engloutis tels quels, sans mastication.
Alcool et drogues sont des éléments favorisant la survenue des crises.
Des symptômes physiques
La personne boulimique conserve généralement un poids stable puisqu’elle se fait vomir et/ou pratique un exercice physique pour compenser la prise de calories. La honte et la culpabilité mène la personne boulimique au secret et rend ainsi difficile la perception des signes de la boulimie.
Le remplissage subit de l’estomac et les vomissements provoquent des inflammations des muqueuses de l’oesophage et de l’estomac voire un ulcère.
Les voies respiratoires peuvent être affectées : des infections broncho-pulmonaires peuvent être provoquées lors de fausses routes alimentaires.
Le gonflement des glandes parotides est un symptôme d’alerte, comme les crevasses aux doigts, dues aux vomissements.
Des comportements caractéristiques
Une peur de grossir presque permanente.
Plusieurs régimes sont ou ont été tentés.
Un sentiment de honte, une culpabilité qui pousse au secret.
Le secret entraîne souvent un repli sur soi, une dépression voire des tendances suicidaires.
Des comportements compensatoires pour éviter la prise de poids (vomissements, prises de laxatifs, exercice physique).
Contrairement à une personne atteinte d’anorexie mentale, une personne boulimique conserve une activité sexuelle normale.
Les conséquences financières
Cette envie irrépressible de manger, dans des quantités très importantes, suppose des achats de nourriture à la mesure de la maladie. Au delà de la douleur morale, les conséquences financières pour les revenus modestes, et de ce fait sociales également (moins de sorties…), ne sont pas négligeables.

Qu’est-ce que l’anorexie mentale ?
L’anorexie mentale se manifeste par une perte de poids importante sous-tendue par une peur intense de grossir. La perte de poids devient une obsession et l’anorexique mentale restreint volontairement son alimentation. C’est une maladie grave qui peut devenir chronique et parfois engager le pronostic vital. Elle peut être rapprochée de l’addiction.

L’anorexie mentale est à distinguer de l’anorexie tout court. L’anorexie est la perte de l’appétit, la personne n’a pas faim alors que dans l’anorexie mentale la personne lutte contre la faim.

Les deux types d’anorexie mentale
L’anorexie mentale peut être de type restrictif. La personne perd du poids mais sans connaître, ou de façon irrégulière, de crises de boulimie. Elle ne se fait pas vomir et ne prend pas de purgatifs.
Dans le deuxième type, l’anorexique mentale connaît des périodes de boulimie, a recours aux vomissements ou aux purgatifs.
Une personne peut passer d’un type à l’autre.

Qui est touché ?
Cette maladie commence généralement à l’adolescence et touche principalement les filles (9 cas sur 10). Elle peut aussi apparaître avant l’adolescence, on parle alors d’anorexie pré-pubère. Quand elle touche les bébés, on parle d’anorexie du nourrisson.

Des causes multiples et discutées
L’élément déclencheur est variable : un régime amaigrissant, un deuil, une remarque désobligeante, ou pas d’ailleurs, mais qui touche la personne.

Même si elles sont étudiées, les causes de l’anorexie mentale restent mal identifiées et discutées. Selon les médecins, les facteurs sont multiples et peuvent se combiner :

facteur génétique ;
facteur psychologique et relationnel : le lien à la mère serait caractéristique ;
facteur socio-culturel : l’image du corps, et son idéal de minceur, véhiculée dans les sociétés occidentales serait un facteur de risque mais pas nécessairement une cause.
L’adolescence est un moment de changement : changements physiques, sexuels dus à la puberté, une recherche de repères… Le contrôle du corps permettrait aux adolescentes d’acquérir leur autonomie et de déplacer vers la nourriture la dépendance qui les lie à leur entourage.

Les manifestations
Des symptômes physiques
Une perte de poids significative (au moins 15% du poids normal, sans raisons médicales connues).
Une aménorrhée : la dénutrition entraîne la perte des règles. L’anorexique mentale cherche aussi à gommer tous signes sexuels et elle est souvent soulagée de son aménorrhée.
Des insomnies, une chute de cheveux, une fatigue permanente, une sensation de froid, des pertes de mémoire, une constipation.
Une décalcification, de l’ostéoporose, des malaises et chutes de tension.
Un mauvais état bucco-dentaire : les vomissements abîment bouche et dents.
Ces dérèglements peuvent, à terme, menacer la vie de la personne.

Des comportements caractéristiques
Une peur extrême de grossir ou l’obsession de maigrir.
Un déni des troubles : l’anorexique mentale refuse d’admettre son comportement alimentaire et ne voit pas la maigreur de son corps. L’image corporelle est perturbée.
Une activité scolaire ou professionnelle intense.
Une hyperactivité physique.
Des stratégies pour perdre du poids : prise de diurétiques et tendance à la potomanie, prise de laxatifs, vomissements, prise d’extraits thyroïdiens, omissions volontaires d’insuline chez les diabétiques…
D’autres comportements peuvent apparaître : repli sur soi, dépression, automutilations, tendances suicidaires…
La dissimulation : les restrictions alimentaires et les stratégies pour perdre du poids sont cachées à l’entourage.

La potomanie

La potomanie consiste à boire, sans soif et énormément tout au long de la journée, le plus souvent de l’eau dans le but de purifier, de débarrasser l’organisme de « déchets » ou pour occuper l’espace de l’estomac pour éviter la prise alimentaire ou la réduire.

Il n’y a pas un minimum ou un maximum convenable lorsqu’il s’agit d’apprécier la potomanie car le besoin d’eau de l’organisme diffère selon les individus, mais certains considèrent que la potomanie est avérée lorsque la consommation de liquide dépasse 4 à 5 litres par jour sachant que des personnes boivent jusqu’à 20 litres quotidiennement.

A ce niveau, le corps risque de nombreuses complications dont la polyurie (sécrétion d’urine en quantité abondante, augmentation du volume urinaire) allant pour les cas les plus graves à des oedèmes (poumons, cerveau) ou jusqu’au coma potentiellement mortel.

Qu’est-ce que l’hyperphagie ?

L’hyperphagie, le binge eating disorder ou encore le syndrome d’hyperphagie incontrôlée est un trouble alimentaire dont le nom peut être méconnu mais dont la fréquentation augmente.

L’hyperphagie, à l’instar de la boulimie se manifeste par une envie irrésistible de manger sans aucune sensation de faim ou de plaisir. Les quantités de nourriture sont importantes, souvent ingérées sans mastication et concernent des aliments de tous ordres (beurre, huile, farine, sucre…). La nourriture est absorbée en continu, sans faim, tel un grignotage constant ou par crises (pendant une période très courte, moins de deux heures) dont la quantité est bien supérieure à ce que la plupart des individus ingèrent dans le même laps de temps et dans les mêmes conditions.

Ces fringales subies avec une impression d’être incontrôlables sont suivies de sentiments honteux, d’un écoeurement de soi et de culpabilité. En revanche, elles n’aboutissent pas à des conduites telles que vomissements, sport à outrance, jeûne, etc. …. Aussi l’hyperphagie peut-elle être considérée comme une boulimie sans comportements compensatoires.

Qui est touché ?

 L’hyperphagie concerne les femmes de tous âges et dans les mêmes proportions, les hommes souffrent de ce trouble du comportement alimentaire.

Des origines multiples

Le comportement hyperphagique fait inconsciemment fonction de mécanisme de compensation, de consolation consécutif à un grand sentiment de solitude (inconscient lui aussi). Les personnes souffrant de ce trouble sont comme carencées, elles éprouvent des difficultés d’être véritablement avec l’autre

La complexité à s’exprimer et le manque de confiance, entre autres, sont autant de constats que l’on reconnaît et que l’on retrouve dans la boulimie et l’anorexie.

L’hyperphagique comble son besoin de l’autre avec la nourriture, cette dernière ne fait plus office d’énergie pour l’organisme, elle en perd le sens, la personne est coupée de ses sensations corporelles (appétit, satiété) et de son corps qui lui semble étranger.

Les manifestations

  • Crise d’hyperphagie ou ingestion de nourriture en continu
    • Etat de nervosité, la personne perd totalement le contrôle
    • Besoin irrépressible de manger des aliments caloriques, sucrés, bourratifs, à même le paquet, la boîte, le sachet…
    • La prise alimentaire peut être courte, comme chez les boulimiques, ou plus longue tout au long de la journée et/ou de la nuit.
    • Plus de signaux de l’organisme : la faim et la satiété ne sont plus ressenties. L’hyperphagie arrête de manger quand l’estomac est lourd et plein (état de réplétion).
  • Des symptômes physiques
    • Les personnes manifestant des troubles hyperphagiques sont généralement en léger ou fort surpoids allant jusqu’à l’obésité.
    • L’hyperphagique risque des complications médicales que peuvent provoquer un excédent de poids : risques cardiaques, essoufflements, tension et taux de cholestérol élevés, risques de diabète de type 2, etc…
  • Des comportements caractéristiques
    • Plusieurs régimes sont ou ont été tentés.
    • Un sentiment de honte, une culpabilité qui pousse au secret. Le secret entraîne souvent un repli sur soi, une dépression voire des tendances suicidaires.
    • Un malaise très fort vis-à-vis de la prise de poids inévitable et qui peut être très rapide.

Les conséquences financières

A l’égal de la boulimie, cette envie irrépressible de manger, dans des quantités très importantes, suppose des achats de nourriture à la mesure de la maladie. Au delà de la douleur morale, les conséquences financières pour les revenus modestes, et de ce fait sociales également (moins de sorties…), ne sont pas négligeables.

Le trouble de l’alimentation nocturne ou night eating syndrome

Combinaison entre les troubles du sommeil et les troubles du comportement alimentaire, le trouble de l’alimentation nocturne concerne les personnes qui durant un épisode de somnambulisme vont manger de grandes quantités de nourriture sans en garder un souvenir précis le lendemain. C’est en retrouvant des paquets ou sachets alimentaires que l’individu réalise son comportement.

De même qu’il en est pour la boulimie et les compulsions alimentaires, on retrouve parmi les patients qui souffrent de ce trouble de l’alimentation nocturne, des angoisses d’être, un stress évident et des difficultés à gérer les émotions.

L’orthorexie

Est orthorexique, la personne dont l’obsession s’établit dans la qualité de ce qui se trouve au centre de son assiette, qualité fondée ou non sur des croyances propres à l’individu. Ainsi, l’orthorexie est une manière de s’alimenter suivant des règles très strictes et dont un écart peut bouleverser la personne qui s’isole peu à peu pour poursuivre sa diète astreignante.

Dans le souci de « bien manger », la personne contrôle sa nourriture et écarte de son régime tous aliments qui selon elle lui sont néfastes ou sales. Ainsi, un individu peut limiter sa consommation en refusant des produits qu’il considère trop sucrés, trop gras, trop cuits et n’absorber que des aliments blancs ou clairs, d’une seule couleur, d’une certaine consistance ou que des fruits ou des légumes, etc.

Ce trouble du comportement alimentaire entraîne des carences et selon la gravité du trouble, la personne si angoissée de bien faire peut perdre jusqu’à l’appétit.

Le mérycisme

L’individu souffrant de mérycisme régurgitera sa nourriture juste après l’avoir mâchée ou avant que celle-ci ne soit digérée. Les aliments sont mastiqués et ensuite crachés et jetés ou sont réingérés de sorte qu’ils peuvent être ruminés pendant des heures.

Ce trouble du comportement alimentaire s’observe majoritairement chez les jeunes enfants mais il est parfois associé à l’anorexie ou la boulimie.

Le grignotage

Le grignotage désigne l’habitude de manger s’en vraiment s’en rendre compte, tout au long de la journée, en petites quantités et sans faim des aliments choisis, salés, ou sucrés.

Il peut s’agir d’un pli contracté dès l’enfance dans le cadre familial, habitude dont la personne peut avoir du mal à se défaire ou différemment, manger, absorber, mâcher est une manière de combler un besoin. Par ailleurs, le stress est aussi pour 1/3 des grignoteurs la cause de leur comportement.

Le grignotage, comme l’hyperphagie, le trouble de l’alimentation nocturne et les compulsions alimentaires, peut être la cause d’un surpoids et de déséquilibres alimentaires.

Les compulsions alimentaires

Il n’est pas rare qu’une personne ait recours à la nourriture pour se réconforter et il est quasiment familier de donner un bonbon à l’enfant qui pleure, d’offrir une boîte de chocolat à l’accidenté, de creuser à la cuiller une boîte de crème glacée après une rupture.

Mais lorsque l’obsession de manger devient chronique et pose un véritable problème, on parle decompulsion alimentaire ou de l’obsession de manger. Le besoin d’absorber impulsivement et abondamment une nourriture, notamment sucrée, est la manifestation d’une souffrance bien réelle et l’individu qui mange tente de se libérer des émotions négatives, telles que la colère, les angoisses, la peur, la sensation de vide.

Physiologiquement, le fait de manger libère dans le cerveau des substances antalgiques qui entraîne alors une satisfaction et un apaisement immédiats. Il est possible d’être dépendant de cet état et de rechercher dans la nourriture ce dont on se sent privé (manque affectif, manque de confiance, etc.)

L’aliment est choisi, apprécié et apporte également un plaisir gustatif. Au terme de la compulsion, la personne n’a pas recours à des comportements compensatoires même si une honte se fait ressentir, telle que celle de n’avoir pas pu résister. C’est d’ailleurs sur cet élément qu’est mesurée la gravité de ce comportement, selon la dépendance de l’individu et la souffrance qui en résulte.